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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 16:14

Bien avant César, les Romains avaient déjà tissé des liens avec certains peuples de la future Gaule comme les Eduens ou les Arvernes. Les échanges étaient principalement commerciaux, voir politique et militaire dans les milieux les plus aisés. Certains jeunes gaulois partaient suivre des études à Rome comprenant enseignement général et militaire. A leurs retours, ils formeront l'élite gallo-romaine, celle sur qui les empereurs compteront pour parachever la romanisation. Vercingétorix a très probablement suivi ce cursus avant de se retourner contre Rome.


Les Romains ne s’embarrassaient pas de questions sur l’origine des Celtes qu’ils appelaient tous Galli, qu’ils soient de Gaule ou d’Italie. Les Sénons quant à eux occupaient la Celtique, l'une des trois parties de la Gaule dont parle César en 58 avant notre ère avec la Belgique et l'Aquitaine. (Guerre des Gaules, I, 1)(1).


En 54 avant J-C, le témoignage de César était plutôt flatteur pour les Sénons :

« Senones, quae est civitas in primis firma et magnae inter gallos auctoritatisun ... » Les Sénons peuple le plus puissant de la Gaule et qui jouit parmi les autres d'une grande autorité. (Guerre des Gaules, V, 54)(1). Malgré cet éloge, il se méfiait tout particulièrement de ce peuple connu de longue date en Italie.

 

Brennus

Il y avait eu la bataille d'Allia (a) que.personne n'avait oublié à Rome avec les conséquences qui devaient s'en suivre. Les légions romaines subirent une défaite cuisante en 18 juillet 390 avant notre ère face à une coalition gauloise menée par le Sénon BRENNOS. (Tite-Live, V, 38)(2). En Celte son nom signifie « corbeau ». C'est une allégorie du guerrier. Plus tard chez les gaulois BRENN signifiera « chef de guerre ». Ce nom sera latinisé en BRENNUS. Dans le département de l'Yonne, la ville de Brienon signifie « lieu de combat ».

Selon les auteurs, les Romains disposaient de 4 à 6 légions (b) et les Gaulois 3 000 hommes seulement. Conforté par cette victoire, l'intrépide guerrier sénonais ordonnait le siège et le sac de Rome, le Capitole excepté, cette colline fortifiée étant de réputation imprenable. Il durera des mois. Les Romains affamés demanderont une trêve. Brennus accepta de négocier avec le tribun militaire Quintus Sulpicius contre une forte rançon de 1 000 livres en or. Suite à des tricheries sur les poids, la légende veut qu'il ait jeté son épée dans le plateau de la balance en hurlant « Vae Victis ! » (Malheur aux vaincus !) (Tite-Live V, 48)(2)

 

Brennus balance

Brennus posant son épée sur la balance

(selon Paul Lehugeur historien du XIXe siècle)

 

Une nuit, les gaulois tentent un assaut surprise. Les sentinelles endormies ne les entendent pas arriver. Seules les oies sacrées de Junon réagissent. Les soldats romains repousseront les envahisseurs en les poussant du haut des murailles.

(a) rivière à une vingtaine de kilomètres de Rome en pays Sabin, non loin de son confluent avec le Tibre

(b)1 légion = 4 500 hommes environ

 

2 270 ans plus tard ...

le gouvernement Gambetta décida fin 1881 de commander un nouveau cuirassé qui aura pour nom « Le Brennus » en hommage au vaillant combattant sénonais. Le Musée national de la Marine à Paris conserve la figure de proue du navire.

 

Brennus cuirassé


Moritasgos [-57]

Lors de son arrivée César trouve le trône des Sénons occupé par ce roi (Guerre des Gaules, V, 54)(1). Il descendait lui-même d'autres souverains qui avaient régné sur ce peuple. Il porte très curieusement le même nom qu'un dieu gaulois assimilé à APOLLON dont un temple sera édifié sur le plateau d'Alésia.


Cavarinos [-57,-53]

En Celte, son nom signifie « Géant, Champion » et par la suite sera latinisé en Cavarinus. Frère de Moritasgos, César le remplacera en 57 comme roi des Sénonais. Plus tard ses compatriotes voulant le mettre à mort, il s’enfuira au delà des frontières. En 53, il reviendra avec sa cavalerie prêter main forte à César contre Ambiorix, chef Éburons, peuple du nord de la Gaule belgique, et les Treviri, peuple de Trèves. (Guerre des Gaules, V, 54)(1).


Acco [-53]

Depuis l'occupation de la Gaule, les peuples se soulevaient les uns après les autres. Quelques uns seulement avaient fait allégeance à l'envahisseur. Les légions romaines sillonnaient l'hexagone pour réprimer les émeutes. Dès -53, Acco était rendu responsable de la révolte. (Guerre des Gaules, VI, 4)(1).

« Après la dévastation de ce territoire, César ramena l'armée, diminuée de deux cohortes, à Durocortorum, capitale des Rèmes, et, y ayant convoqué l'assemblée de la Gaule, il résolut de s'occuper de la conjuration des Sénons et des Carnutes. Acco, qui en avait été le chef, reçut sa sentence de mort et subit son supplice selon les anciens usages. Quelques autres prirent la fuite, dans la crainte d'un jugement. Après leur avoir interdit le feu et l'eau, César établit deux légions en quartiers d'hiver chez les Trévires, deux chez les Lingons, et les six autres sur les terres des Sénons, à Agédincum. Lorsqu'il eut pourvu aux subsistances de l'armée, il partit pour l'Italie, selon sa coutume, pour y tenir l'assemblée du pays » (Guerre des Gaules, VI, 44)(1).


Cette condamnation amènera la grande révolte de -52 avec Vercingétorix qui se termina par la défaite d'Alésia.


Drappès [-51]

Après la défaite d'Alésia, le Sénon Drappès organisa la résistance aux légions de César.

« Comme on savait qu’après cette déroute le Sénon Drappès, qui, dès le début du soulèvement de la Gaule avait rassemblé de toute part des gens sans aveu, appelé les esclaves à la liberté, fait venir à lui les bannis de toutes les cités, accueilli les voleurs, et intercepté les convois de bagages et de ravitaillement des Romains, comme on savait que ce Drappès avait formé avec les restes de l’armée en fuite une troupe atteignant au plus deux mille hommes et marchait sur la Province, qu’il avait pour complice le Cadurque Lucterios (a) qui, au début de la révolte gauloise, s’était proposé, comme on l’a vu dans le commentaire précédent, d’envahir la Province, le légat Caninius (b) se lança à leur poursuite avec deux légions, ne voulant pas que la Province eût à souffrir ou que la peur s’emparât d’elle, et qu’ainsi nous fussions déshonorés par les brigandages d’une bande criminelle ».(Guerre des Gaules, VIII, 30)(1)

 

Il tente avec Lucterios (a) d'envahir la Province, aujourd'hui la Provence. Pourchassé par les deux légions de Caninius (b), il se réfugie dans l'oppidum d'Uxellodunum (c). Il est capturé pendant le combat.

« Drappès, qui, ainsi que je l'ai dit, avait été fait prisonnier par Caninius (b), soit honte et douleur de sa captivité, soit crainte d'un supplice plus grand, s'abstint de nourriture pendant plusieurs jours, et mourut de faim ». (Guerre des Gaules, VIII, 44)(1).

 

Uxello

Gravure représentant
Uxellodunum comme on se l'imaginait au XVIème siècle.
 

 

 Après la chute de la ville et l’arrestation de Drappès, la Guerre des Gaules sera définitivement  terminée.

 

(a) Lucterios (latinisé en Lucterius) est un chef gaulois des Cadurques, peuple habitant l’actuelle région de Cahors et du Quercy,

(b) Caius Caninius est le légat de César. Il assiége Uxellodunum avec deux légions 

(c) Uxellodunum est le nom d'un oppidum gaulois, situé dans le Quercy actuel. Son nom signifie la « forteresse élevée ». Longtemps contestée, sa localisation au Puy d'Issolud est désormais reconnue par tous les spécialistes.

 

Sources

  1. Jules CESAR, « La Guerre des Gaules », traduction de L.-A.CONSTANS, chez Folio Classique n°1315, août 2010.

  2. TITE-LIVE, « Histoire Romaine », traduction nouvelle, Livres I à V, présentation et traduction par Annette FLOBERT, éditons GF Flammarion à Paris, 1995

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Published by agendicum - dans Les SENONS
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  • : Sens et le Sénonais antique et médiéval
  • Sens et le Sénonais antique et médiéval
  • : Histoire et Archéologie antique et médiévale d'un territoire immense constitué par les départements de l'Yonne, de la Seine-et-Marne, et d'une partie du Loiret et de l'Aube. Sa capitale s'est appelée successivement Agedincum, Senones, puis SENS.
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