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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 11:09

Colombe nait vers 255 dans une famille noble de la région de Saragosse. A seize ans la jeune fille doit quitter son pays à cause des persécutions. L’Espagne est déjà sous le joug des Romains, et il n'est pas facile d'être chrétien au grand jour. Arrivée en Gaule, elle se fait baptiser à Vienne en Dauphiné, et poursuit son chemin jusqu'à Sens.

L'année 274 sera particulièrement cruelle pour les chrétiens. L'empereur Aurélien franchit les Alpes. C'est un tyran sanguinaire, adorateur du soleil, comme l'était avant lui Akhenaton en Égypte plusieurs siècles auparavant. Il pénètre à Sens le 8 des calendes de janvier 274 (1) alerté par le grand nombre de chrétiens qui s'y trouvait. Il ne tolère pas la religion chrétienne et fait exécuter tout ceux qui lui sont signalés. A l'époque le paganisme est roi et on dénombre plusieurs centaines de divinités régulièrement invoquées en Gaule (2).

 

Colombe et ses amis sont arrêtés et enfermés. Ils sont soumis à de nombreux interrogatoires, mais aucun ne reniera la religion chrétienne. Emmenés aux arènes pour y être mis à mort, elle sera la seule épargnée par Aurélien. L'empereur lui propose le mariage avec son propre fils, si elle renie sa foi. Elle refuse l'offre (3).

Elle est aussitôt enfermée dans les arènes de Sens. Colombe subit alors les avances de Barusas, un jeune mécréant de passage. Mais un ours échappé d'une cellule de l'amphithéâtre, s'interposa pour la défendre. L'empereur impressionné, ordonne alors de mettre le feu à la prison afin de faire périr Colombe et la bête. Une pluie torrentielle s'abat sur la ville et éteint l'incendie.

 

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Sainte-Colombe protégée par un ours de Barusas et des soldats.

Œuvre d'un peintre anonyme de l'école de Rimini

 

Colombe est emmenée à la Fontaine d'Azon pour y être exécutée le 31 décembre 274.. Les romains repartent en laissant le corps sur place. Pierre Glaizal (4) raconte : « un bœuf découvre le corps de la jeune fille décapitée sur ordre d'Aurélien et abandonné en plein champ. L'animal reste penché vers le sol, des cierges allumés sur ses deux cornes. Le propriétaire du champ, Aubertus, ayant touché le corps de la martyre eut ses mains couvertes de sang, les porta à ses yeux et recouvra la vue ».

 

Coïncidence de nom ou pas ? Aubertus est un général romain. C'est le premier de la liste des bienfaiteurs de la première église de Sainte-Colombe. Son nom figure sur une plaque murale dans la crypte en CCLXXIV (274).

 

La fontaine d'Azon

 

Au VIIe siècle, Clotaire II, roi des Francs, fera construire une abbaye à l'endroit de son tombeau, non loin du lieux du martyre. Elle sera démolie à la révolution, puis reconstruite au XIXe siècle

 

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Photo de l'auteur –Crypte de l'Abbaye Sainte-Colombe

 

DSC02916

 

Photo de l'auteur –Crypte de l'Abbaye Sainte-Colombe

 

Sainte-Colombe est fêtée le 31 décembre. Jusqu'à nos jours un pèlerinage a lieu chaque année. Pour des raison pratique, il a lieu au début juillet.

 

Aujourd'hui L’abbaye de Sainte-Colombe-les-Sens est un lieu dit de la commune de Saint-Denis-les Sens - 89100

Sources

(1) Abbé BRULLEE, « Histoire de l'Abbaye Royale de Sainte-Colombe-lez-Sens précédée de la Vie de Sainte Colombe, vierge et martyre du pays Sénonais », librairie archéologique Victor Didron, 1852


(2) Émile MALE, « La Fin du paganisme en Gaule; et les plus anciennes basiliques chrétiennes », édition Flammarion, 1950


(3) Théodore TARBE, « Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens, imprimerie Tarbé, 1838
 
(4) Pierre GLAIZAL, « Trouvailles au fil des lignes », Bulletin de la Société de Mythologie Française, n°242 de mars 2011. Lui-même fait référence à une étude de Gilles PLATRET qui s'était intéressé au document « Vita Sanctae Colombae » issu de la chronique sénonaise de Pierre BARETEAU 1520, manuscrit latin 1176 feuillet 40 de la bibliothèque de Metz.

(5) Paul ALLARD, « Histoire des persécutions », librairie Victor Lecoffre à Paris, 1885

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 21:17

L'eau, instrument de la romanisation

 

Les ingénieurs romains qui suivaient Auguste représentaient tous les corps de métier qu'imposaient la construction d'une ville nouvelle. Les hydrauliciens en tête devaient déterminer avec précision les points d'eau avec toutes les possibilités de captage, d'acheminement et d'alimentation d'une agglomération, pour les maisons individuelles, les thermes, les fontaines, les ateliers, les égouts, etc. C'était là, l'apport d'un certain confort inconnu des peuples colonisés, mais auquel ils devaient adhérer très rapidement.

 

L'aqueduc

 

Il permettait d'acheminer les eaux de plusieurs sources de la vallée de la Vanne sur un peu plus de 14 km pour alimenter Sens-Agendicum.

La source Saint-Philbert prend sa source à Theil-sur-Vanne et emprunte l’aqueduc du même nom. A Noé, il vient récupérer les eaux de la source de Noé, puis celles de la source du Miroir, et à proximité de Mâlay-le-Grand les eaux de l'aqueduc de la Faucaudrie avant d'arriver à Sens.

 

Coupe Aqueduc

  Coupe d'un aqueduc gallo-romain souterrain

 

Plusieurs regards de visite étaient prévus tout le long du parcours, comme le prescrivait Vitruve (6). Les musées de Sens en conserve un exemplaire avec son bouchon au dessous à droite.

 

DSC03520

Photo de l'auteur publiée avec l'autorisation des Musées de Sens

 

La grande majorité de l'ouvrage chemine sous terre avec quelques remontées dont toutes les traces ont disparu aujourd’hui. La partie souterraine reste bien conservée du fait de la qualité de la maçonnerie.

 

L'aqueduc specus (a) entrait dans la ville par le quartier des Champs Plaisants. Il suivait alors un tracé sinueux pour rejoindre un bassin de répartition situé à proximité de la place Étienne Dolet en allant en direction de la rue d'Alsace-Lorraine. De là, il partait alimenter le quartier des arènes d'un côté, et de l'autre un château d'eau ou castellum aquae qui se situait entre le haut de la rue des Déportés et de la Résistance et du boulevard du 14 juillet.

(a) specus : terme latin signifiant conduite d'eau, canal et par extension aqueduc

 

La capacité pouvait atteindre environ 31 000 m3 par jour selon Didier Perrugot (1). En comparaison, on peut citer quelques chiffres donnés par Alain Malissard (3) pour d'autres aqueducs romains au début du IIIe siècle : Lyon 76 000 m3/jour, Nîmes 124 000 m3/jour, et Rome 1 127 280 m3/jour.

 

Les thermes

 

Les bains publics existaient déjà en Grèce au Xe siècle avant J-C. Ils étaient alors associés à la gymnastique. Les Romains se sont emparés du concept dès le IIe siècle avant J-C en y apportant de nombreuses améliorations. La plus importante a été le chauffage par le sol appelé hypocauste. Valère Maxime (7) raconte : «Sergius Orata (a) fut le premier qui se mit à bâtir des bains suspendus. Ce luxe qui ne demanda d'abord que des dépenses modiques se développa jusqu'à faire établir comme des mers d'eau chaude suspendues dans les airs. (Vers l'an 656 de Rome) (b) » Il faudra attendre le 1er siècle après J-C pour que se généralise ces installations thermales dans tout l'empire.

  

ARLES - Thermes de Constantin 3

Système d'hypocauste des thermes de Constantin à Arles

 

Leurs fonctions n'étaient pas seulement hygiéniques ou curatives, mais avaient également une fonction sociale associée aux plaisirs du jeu, de la table, de l'amour, et du culte du corps. C'était le lieu où l'on se donnait rendez-vous entre amis, et où se traitaient des affaires.

 

A Rome, on dénombrait 160 thermes publics à la fin de la République (c), et plus de 1000 au milieu du IVe siècle.

 

(a) Sergius Orata est aussi l'inventeur des parc à huitres, met très apprécié des Romains.

(b) An 656 de Rome = 98 avant J-C

(c) La République romaine prend fin entre 44 avant J-C avec l'assassinat de Jules César, et 27 avant J-C au moment où Octave reçoit le titre d'Auguste

 

Qu'ils soient privés ou publics, les thermes sont tous constitués, au détail près, des mêmes salles et mêmes bains :

l’apodyterium : le vestiaire,

le sudatorium : la salle de transpiration,

le caldarium : le bain chaud par aspersion ou immersion;

le tepidarium : le bain tiède,

le frigidarium : le bain froid.

 

J'encourage le lecteur à consulter l'article : « La Villa d'Escolives » sur ce blog, ainsi que l'article du blog de Lutèce  pour plus d'informations sur les thermes.

 

Sens-Agendicum était pourvu de plusieurs établissements thermaux. L'emplacement de l'un d'eux est parfaitement connu. Pour les autres, il n'y a aucune certitude, seules des hypothèses d'emplacements sont avancées.

 

Les thermes connus à Sens


Gilbert-Charles PICARD (9) précise que les termes de Sens sont citéss après 110. Sont-ce les premiers ? De quels thermes s'agit-ils ?

 

1/ Ils se situaient sous l'ancienne prison, le long de la muraille, à côté du palais de justice et non loin du Forum, En 1970, les archéologues ont mis au jour neuf chapiteaux richement décorés de feuillages, dauphins et cornes d'abondance, des bases de colonnes, des panneaux moulurés et des corniches. D'autres découvertes ont attesté de l’existence de thermes à plusieurs salles, avec la découverte de pilettes d'hypocauste et d'un praefurnium (a) dont les briques étaient vitrifiées.

(a) Le praefurnium désigne le foyer dans lequel on insère le combustible.

 

2/ En 1949, à l'intersection de la Grande Rue et de la rue Champfeuillard, l'archéologue P. Parruzot a mis au jour une piscine pouvant appartenir à des thermes.

 

3/ Rue des Vieilles-Etuves-d'en-haut était l'ancien nom de la rue Champfeuillard. Une rue des Vieilles-Etuves-d'en-Bas existait au carrefour de la « rue Saint-Didier » et de la « rue du Conduit » aujourd'hui rue Charles-Leclerc. Ce coin était aussi appelé le "Coin des Eaux". Ces deux étuves publiques existaient en 1388. Aucune preuve ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'anciens thermes romains.

 

Une façade de thermes reconstituée, mais un emplacement inconnu

 

La reconstitution de cette façade date des années 60. Chacun des blocs a été mis au jour lors des différentes campagnes de démolition de l'enceinte de la ville entre 1840 et 1903. Plusieurs d'entre eux ont été retrouvés dans la muraille lors de l'ouverture de la rue de l'Amiral Rossel. Cette concentration d'éléments laissait penser que l'établissement thermal pouvait se trouver dans la partie méridionale de la ville. Cette hypothèse a été développée par Lydwine Saulnier-Pernuit, conservateur des Musées de Sens (2).

 

Façade des thermes - DSC03135

 Photo de l'auteur publiée avec l'autorisation des Musées de Sens

 

L'ensemble reconstitué est tout à fait exceptionnel. Les différents blocs sont d'inspiration gréco-romaine. Cette iconographie représente une gigantomachie (a) « à la romaine » avec un extraordinaire visage de Neptune (b), des divinités et une frise de jeunes femmes.

(a) gigantomachie : dans la mythologie grecque, combat des Géants contre les dieux.que l'on retrouve dans plusieurs musées grecs. Les plus belles représentations se trouvent au musée de Delphes.

   30 - Trésor de SIPHNOS - Dieux et géants

 

(b) Neptune, en latin Neptunus est dans la mythologie romaine, le dieu des Mers et des Océans, ainsi que du règne aquatique. Il a pour équivalent Poséidon chez les Grecs. Neptune fils de Saturne et de Cybèle (ou Rhéa), était frère de Jupiter et de Pluton.

 

Thermes inconnus à emplacements présumés

 

1/ Augusta Hure (4) reprend ce que Théodore Tarbé (5) avait repéré comme étant les restes d'une riche construction découverte avant 1838 à l'angle du Clos-du-Roi du boulevard de Maupéou. Cet endroit possédait des conduites d'eau souterraines. L'assimilation avec l’existence de thermes est peut être un peu rapide, mais pourquoi pas ! L'avenir nous fournira peut être plus amples informations.


2/ L'axe Paris-Lyon, à la sortie sud de Sens, dans le quartier Saint-Pregts, se nommait dans l'ancien temps « rue des bains » (5). La façade richement décorée ci-dessus serait-elle celle de ces thermes ?


Sources

  1. Didier PERRUGOT, « L'Aqueduc Romain de Sens (Yonne)», Société archéologique de Sens, 2008

  2. Jean-Pierre ADAM, Simone DEYTS, Lydwine SAULNIER-PERNUIT, « La façade des thermes de Sens », Revue Archéologique de l'Est et du Centre-Est, 1987

  3. Alain MALISSARD, « Les Romains et l'eau », éditions Realia / Les Belles Lettres

  4. Augusta HURE, « Le Sénonais Gallo-romain » éditions Culture et Civilisation à Bruxelles

  5. Théodore TARBE, « Recherches historiques et anecdotiques sur la ville de Sens, imprimerie Tarbé, 1838

  6. VITRUVE (Marcus Vitruvius Pollio), architecte romain, (environ 70-25 avant J-C). Architecte puis ingénieur d'artillerie au service de l'empereur Auguste, il rédige un traité « De Architectura » où il décrit les principaux monuments de son époque. Ici voir livre huit. en ligne sur le site de Remacle

  7. VALERE MAXIME, « Des faits et des paroles mémorables », Itinera Electronica, 9.1

  8. Les Dossiers d'Archéologie, « Les thermes en Gaule romaine », n°323 de septembre-octobre 2007

  9.   Les Dossiers histoire et archéologie, "La société gallo-romaine", n°59 de décembre 1981 - janvier 1982
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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 11:18

Selon Vitruve (1), le forum devait se trouver à l'intersection du cardo maximus (axe nord-sud) et du decumanus maximus (axe est-ouest). Les forums connus en Gaule romaine répondent à ce concept. Un plan en forum tripartite associe un espace sacré (un ou plusieurs temples), une place centrale bordée de larges portiques abritant des commerces et un groupe basilique-curie.

  

L'emplacement exact du forum d'Agendicum a été confirmé dans les années 80 suite à des fouilles ponctuelles effectuées avant des travaux urbains. Il s'agit d'un ensemble monumental de 210 mètres sur 120 compris entre la Grande rue (decumanus maximus) et la rue Charles-Leclerc d'une part, la rue Beaurepaire (cardo maximus) et le quai Jean Moulins d'autre part (2). Le temple à l'est était desservit par un cardo secondaire. La basilique probablement à l'ouest et une rangée de boutiques latéralement disposées le long de la chaussée termineraient ce forum. Didier Perrugot précise que l’existence d'un théâtre à proximité immédiate était possible.

 

Le temple

 

Le temple d'Agendicum pouvait peut être ressembler à celui-ci qui est un dessin de « La Maison carrée » de Nîmes. Celui-ci est édifié sur un podium d'environ 30 mètres, alors que celui de Sens ne mesurait que de 25 mètres, ce qui est relativement voisin. Des prescriptions de construction ont été données par Vitruve, livre III (1). On ne connait pas les divinités implorées dans ce temple. 

 

Maison Carrée de Nîmes

 

Dans la Rome Antique, le trésor public était déposé dans le soubassement du temple de Saturne (a). Les questeurs chargés de l'administration du Trésor sous le contrôle du Sénat conservaient à cet endroit les livres de recettes et de dépenses civils et militaires. On pouvait y trouver également les registres de l'état civil et des lois. Selon les villes de l'empire, ces documents pouvaient être aussi enfermés dans le sous-sol de la basilique. Pour Agendicum, on n'a pas connaissance de ces éléments.

(a) voir le blog : « Au Pays des Césars » : http://forumromain.canalblog.com/

 

La Basilique

  

Comme dans tous les forums de l'empire les activités de décision et d'administration sont centralisées au Forum dans l'ensemble basilique-curie.  Dans l'antiquité romaine cet édifice civil a deux fonctions. C'est un lieu de discussion ouvert au public, et un tribunal pour les affaires civiles courantes, les affaires criminelles étant jugées à Lyon.

 

Pour l'illustration, la basilique de Trèves est l'une des seules qui nous soit parvenue dans un état de conservation aussi exceptionnel. Fondée en 17 avant J.-C sous le nom d'Augusta Treverorum, la citée était le chef-lieu des Trévires, aujourd'hui ville de Rhénanie-Palatinat.

 

Basilique romaine de Trêves

 Photo Marie-Anne Gerbe publiée avec son autorisation

 

La Curie

 

Le bâtiment de la Curie, qu'on appellerait aujourd'hui « Mairie », avait un accès direct sur le forum. Mais Sens étant une capitale, je suppose que les bâtiments administratifs étaient plus nombreux en arrière du forum. C'est là que se réunissaient les décurions, l'équivalent de notre conseil municipal d'aujourd'hui.

 

Pour l'illustration, la Curie Julia du forum à Rome, construite à l'initiative de Jules César, est le seul bâtiment qui a été reconstruit à l'identique à l'intérieur du Forum romain. C'est là que se réunissait le sénat romain.

 

ROME - La Curie

 

L'administration

 

Les Trois Gaules sont crées par Auguste en 27 avant J-C : la Lyonnaise, l'Aquitaine et la Belgique. L'administration générale est confiée à un légat d'Auguste propréteur (a). Le Sénonais qui faisait parti de la Celtique est alors intégré dans la Gaule Lyonnaise avec Sens Agendicum pour capitale de la civitas Senonum (b).

 

Sous la Tétrarchie (c), la Lyonnaise est divisée en 4 provinces. La 4ème Lyonnaise (Senonia) se compose de la façon suivante :

1° Sens civitas Senonum, la Capitale; 2° Chartres civitas Carnutum; 3° Auxerre civitas Autessiodurum; 4° Troyes civitas Tricassium ; 5° Orléans civitas Aurelianorum; 6° Paris civitas Parisiorum; 7° Meaux civitas Meldorum. Il est tout à fait intéressant de constater que l'église reprendra ce schéma, un peu remanié plusieurs siècles après, quand Sens deviendra primauté des Gaules.

Cette 4ème Lyonnaise restera active jusqu'en 486, fin de l'influence romaine et début de la domination franque.

 

(a) légat d'auguste propréteur (legatus Augusti pro prætore) : gouverneur élu de 1 à 5 ans selon les cas.

(b) Civitas : Unité politique et administrative romaine comprenant une ville et son territoire. Elle avaient une très large autonomie. Les Civitas reprenaient approximativement le territoire des anciennes tribus gauloises.

(c) La Tétrarchie (293-306 environ) est le système de gouvernement de l’Empire romain mis en place par Dioclétien pour réduire les territoires administratifs et faire face aux invasions barbares

 

L'assemblée municipale

 

Le Cursus Honorum (a) municipal traditionnel comprenait plusieurs échelons et se décomposait en questeur (b), édile ( c), préteur (d) et consul (e) (5). Pour accéder à ces charges les candidats devaient au préalable avoir effectué un service militaire d'au moins deux ans. Pour la IVe Lyonnaise, le détail des assemblées municipales doit être prit avec prudence car les documents parvenus jusqu'à nous sont peu nombreux contrairement à la Narbonnaise par exemple.

 

(a) Le Cursus Honorum peut se traduire du latin par carrière des honneurs ou cours de magistrature, fixé par la loi à Rome en 180 avant J-C révèle Cicéron. Cette loi sera maintes fois aménagée par la suite pour s’appliquer aux villes de l'empire.

(b) questeur : magistrat romain chargé des finances des finances, payeurs aux armées, trésoriers des Provinces.

(c) édile : magistrat chargé de la police, de la voirie, des approvisionnement en blé, des bâtiments civils et religieux, des marchés, et des jeux publics. Il s'agissait d'une charge élective et annuelle.

(d) préteur : préteur urbain (praetor urbanus) et préteur pérégrin (affaires juridiques impliquant des étrangers) chargés de rendre la justice. Il s'agissait d'une charge élective et annuelle.

(e) consul : magistrats civiles et militaires suprêmes Ils pouvaient superviser les autres charges sans jamais s'occuper de finances.

 

Les dignitaires

 

Tous les noms de dignitaires civiles ou religieux sont à consonance latine. Il s'agit soit de Sénons ayant romanisé leur nom, soit de citoyens romains envoyés pour effectuer des missions bien précises. Les Musées de Sens ont conservé le souvenir de plusieurs d'entre eux au travers d'inscriptions et de stèles. Dans son ouvrage Augusta Hure donne des indications intéressantes sur certains d'entre eux (3)

 

Pour l'exemple, un monument gravé dans la capitale des Sénones raconte l'histoire de la mutation d'un dignitaire :

 

Inscription mutation 

« Caius Decimius Sabinianus, fils de Caius Decimius Severius, élevé à tous les honneurs municipaux dans sa patrie, a été nommé curateur (a) de la cité des Vénètes (b) par les deux empereurs Sévère et Antonin ... ».

 

(a) curateur : magistrat extraordinaire chargé par l'empereur de surveiller l'administration financière

(b) Vénètes : habitants du golf du Morbihan actuel. Ici, il s'agit de la ville de Vannes à 570 km de Sens.

 

Si le premier empereur est bien Septime Sévère, le sculpteur n'a mentionné que le prénom du deuxième. Il s'agit d'Antonin Caracalla, fils et successeur du premier. La date d'exécution de cette inscription se situe entre 197 et 209.

Retrouvée lors d'une démolition de la muraille en 1850, cette inscription faisait parti d'un ensemble monumental aujourd'hui disparu qui comportait probablement d'autres inscriptions.

 

Sources

  1. VITRUVE (Marcus Vitruvius Pollio), architecte romain, (environ 70-25 avant J-C). Architecte puis ingénieur d'artillerie au service de l'empereur Auguste, il rédige un traité « De Architectura » où il décrit les principaux monuments de son époque. Son œuvre est en ligne sur le site de Remacle

  2. Didier PERRUGOT, « Archéologie urbaine et ville antique  - L'exemple de Sens-Agedincum », Bulletin de la Société des Fouilles Archéologiques de l'Yonne, n°7, 1990
  3. Augusta HURE, « Le Sénonais Gallo-Romain », éditions Culture et Civilisation à Bruxelles, 1978
  4. Gustave JULLIOT, « Musée Gallo-Romain de Sens »
  5. Laurent LAMOINE, « Le pouvoir local en Gaule romaine », Presses universitaires Blaise Pascal, 2009 

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 17:48

Comme nous l'avons vu précédemment, avec les années 250 et suivantes, les premières invasions barbares anéantissent définitivement la "pax romana". Sens, comme bien d'autres villes, va souffrir de ces premiers troubles.

 

Devant l'imminence des invasions, et conformément aux prescriptions de l'empereur Valérien (253-260), toutes les cités jadis ouvertes devaient se retrancher derrière des murs de fortification. A Sens, point de pierres disponibles en dehors de celles issues du démontage des monuments en place. Les arènes sont détruites, ainsi que les thermes, et les monuments du  forum. Les vestiges retrouvés lors de fouilles portent des traces de "destructions brutales" (1). Même les nécropoles participent à l'effort de construction de la muraille en laissant partir les stèles de leurs chers défunts. Pour en arriver là, il fallait que le danger soit vraiment très grand, la défense de la citée étant plus forte que les raisons liées à l'intimité familiale et à la religion. Enfin, les habitations privées situées hors les murs ont très probablement été démontées pour fournir des matériaux de construction. Cette solution était préférable aux incendies que pouvaient provoquer les hordes de barbares.

 

Pour le début de la construction de la muraille une fourchette de dates allant de 275 à 300 peut être raisonnablement envisagée. Une fois terminée, l'enceinte était l'une des plus grandes de Gaule. Elle formait un ovale de 850 mètres sur 400, pour un périmètre de 2 850 mètres. Toutes ces transformations faisaient table rase du passé; terminé les somptueux monuments apportés par la civilisation romaine. 

 

Composition de la muraille

 

Une énorme assise, que Tarbé nomme opus cyclopoeum, forme le soubassement de la muraille. Elle est composée de blocs de pierre de grande taille sans liaison de mortier mais avec des attaches de fer (tenons, agrafes ou crampons scellés) disposées dans des trous carrés entre les faces de chaque pierre. Cette assise est plus ou moins importante suivant le type mur édifié et sa situation géographique.

  DSC03343

 

Au-dessus, l'opus mixtum est élevé jusqu'au faîte du mur. Cette expression latine signifie l'alternance de deux appareils architecturaux. Suivant l'importance du mur de cinq à quinze rangées petits moellons rectangulaires en pierre, disposés en assises régulières alternées (opus vittatum) sont séparées de ceintures de deux à quatre rangées de briques rouges (opus testaceum).

Cet assemblage est solidifié par un liant dont la base est commune dans tout l'empire romain, mais localement des différences peuvent exister dans la composition du liant. Par exemple, l'utilisation de lave concassée réduite en poudre est utilisée dans les régions volcaniques, ici en Bourgogne il s'agit d'un mortier de chaux (3).

 

Sur la photo ci-dessus, la partie supérieure du mur a subi de très nombreuses réparations au cours des siècles. Les opus mixtum et testaceum n'ont pas été remplacés. 

 

Population intra-muros estimée

 

C'est la majeur partie de la population de la ville ouverte et de ses environs immédiats qui devait se regrouper à l'intérieur de l'enceinte. Nous avons tenté d'estimer la population en faisant des comparaisons avec d'autres villes de l'empire qui possédaient également un amphithéâtre (voir le chapitre sur les arènes). Pour certaines d'entre elles, des chiffres existent, ce qui permet de tenter quelques approximations.

Pour Agendicum, une population de 17 à 20 000 personnes peut être estimée au moment de la destruction des arènes. La densité de population à l'intérieur de la ville close était donc importante.

 

Les quatre dernières tours

 

A Sens-Agendicum, seules quatre tours nous sont parvenues sur une trentaine, Le nombre exacte n'est pas connu. Selon Augusta Hure, 30 tours distantes de 53 à 54 mètres se répartissaient le long de la muraille. Pour voir le détail de son calcul, je conseille la lecture de la page 221 de son ouvrage référencé ci-dessous (5). Quand à Tarbé, il en donne 26 dont 14 du côté nord, et 12 du côté sud (6).

 

La tour de la Brèche

Lors de la séance de la Société Archéologique de Sens du 6 mai 1912, le Chanoine Chartraire donnait communication du décret du 1 mars 1912 signé par le Président de la République Armand Fallières, concernant le classement de la tour gallo-romaine parmi les monuments historiques (3)

 

Reste de la muraille de Sens
 

Sa construction est comme le mur de la poterne en opus mixtum, et non en opus reticulatum comme le précise Augusta Hure (4). A noter que la maison à gauche de la tour a utilisé la muraille gallo-romaine comme mur extérieur.

 

SENS - Tour du 14 juillet avec un morceau de muraille sur l

 

La Porte Saint-Hilaire

Porte Saint-Hilaire

 

La tour de la place Jean Jaurès 

Étant intégré à une habitation, et pour respecter la propriété privée, je n'ai pas souhaité joindre de photo à cet article. Cependant en passant sur cette place, le dos tourné à l'Office de Tourisme, il est bien difficile de la rater.

 

La tour du Palais de justice

Incorporée au bâtiment, des fenêtres modernes ont été ouvertes dans la tour. On peut l'apercevoir du quai Ernest Landry.

 

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La tour de la poterne

Sur la muraille gallo-romaine du IIIe siècle, des travaux et aménagements ont été réalisés au moyen âge. Nous reviendrons ultérieurement sur les travaux de 1260 pour la poterne Garnier des Prés ou des Quatre-Mares, et du XVIIIe pour la maison de la courtine et l'aménagement de la porte d'accès à la salle basse.

 

DSC03342 

 L'ensemble avait besoin d'une restauration, mais grande a été ma déception quand j'ai vu la tour disparaitre sous un enduit masquant l'architecture d'origine. Pour la retrouver, il ne reste plus que des photos ou des cartes postales anciennes. 

 

Une autre tour

Démolie en 1844, elle faisait face au Clos-le-Roi. Elle était édifiée en opus mixtum.

 

SENS - Une tour des anciens remparts en face du Clos-Le-Roi

 

Une autre poterne 

Augusta Hure (5) évoque l’existence d'une autre poterne. Elle aurait eu pour nom Saint-Benoit. Elle aurait été construite avant le 16 juin 891 selon un acte entre Eudes et les chanoines de Sainte-Colombe. Elle ne donne aucune localisation, ni information complémentaire.

 

Les portes

 

Au moins trois portes n'ont aucun passé gallo-romain : la Porte Royale construite au XVIIIe siècle, la porte Dauphine édifiée en 1283, la Porte de la Poterne qui date du XIIe siècle. Nous les détaillerons ultérieurement.

Les sept autres portes semblent avoir été ouvertes lors de la construction de la muraille. Du IIIe au XIXe siècle, époque de leur destruction systématique, elles ont été réparées et remaniées de nombreuses fois. A part des dessins exécutés aux XVIIIe et XIXe siècle, il n’existe que très peu d 'éléments architecturaux à disposition. Les noms d'origine ne sont pas connus, exeption faite de la porte Formau.

 

PlanSens XIXe siècle

 

La porte Notre-Dame 

La Porte Notre-Dame était connue dès 423 sous le nom de Porte Saint-Léon. Elle tire son nom du prieuré Notre-Dame du Charnier qui se trouvait de l'autre côté à l'entrée du faubourg (6). Elle a été remaniée voire reconstruite complètement au Moyen Age. Cette affirmation est attestée.par l’existence de mâchicoulis qui n'apparaissent que fin XIIIe début XIVe siècle.

 

Porte Notre-Dame

 

SENS - Porte Notre-Dame

 

SENS - La porte Notre-Dame avant sa démolition en 1832 

La carte ci-dessus montre la porte avant sa démolition en 1832. La partie supérieure était occupé par une salle d'où était manœuvré la herse. Les mâchicoulis disposés au-dessous permettaient de jeter de l'eau bouillante ou autres liquides et objets variés sur les assaillants. De chaque côté, des petite tourelles disposées en encorbellement renfermaient des escaliers à vis qui descendaient vers l'intérieur de la ville.

 

 Au premier plan, à la gauche du militaire, des restes de colonnes et un chapiteau ont été déposés sur le bord du trottoir. Ces restes proviennent surement d'une démolition de la muraille effectuée à proximité.

 

 

La porte Saint-Antoine

Détruite au XVe siècle, puis reconstruite au début du XVIe, elle a été démolie définitivement en 1832 (2) la même année que la porte Notre-Dame. Tarbé précise qu'elle s'appelait anciennement Porte du Cloître (6) De là partait la route de Meaux, route antique appelée via petra.

 

Les deux tours carrées à forme incurvée et surmontées d'une tourelle ronde terminée par un chemin de ronde crénelé entourent une porte massive .

 

SENS - Porte Saint-Antoine

 

Là aussi, des démolitions de la muraille proche ont eu lieu. Des éléments antiques, frises sculptées et stèles, sont ici entassés sur le trottoir:

   

La porte Saint-Didier 

Elle se trouvait à l’entrée du Cardo maximus, rue Beaurepaire aujourd'hui, l'autre côté étant fermé par la porte Saint-Rémy. Cette axe était la route de Paris à Lyon.

 

SENS - Porte Saint-Didier

 

Avec quelques petites différences, son architecture est très voisine de celle de la porte Saint-Antoine. Le manque d'entretien est visible, la végétation ayant pris possession du dessus de la porte au niveau du chemin de ronde.

 

La porte d'Yonne et la Grosse Tour

C'était l'une des deux portes du decumanus maximus à l'ouest de la ville. L'autre extrémité, à l'est, était fermée par la porte Formau. Elle donnait directement sur le pont traversant la douve. A l'époque de la création d'Agendicum une gué ou un pont en bois existait, car les routes venant d'Orléans et d'Auxerre entrait dans la ville à cet endroit (2). Aujourd'hui le fossé a été agrandi. Il est devenu le lit de la rivière, quand à l'ancien lit, il est devenu la « fausse rivière ».

 SENS - Porte d'Yonne et la grosse Tour

 

Commencée en 995 par le Comte Raynard-le-Viel et démolie au XVIIIe siècle, elle se trouvait au bas de la Grande Rue, à gauche, en entrant en ville par le pont. Elle a été construite sur les fondations de l'un des édifices du forum gallo-romaines .

 

La porte Saint-Hilaire

Elle tire son nom de l'église paroissiale attenante aujourd'hui disparue. Victor Petit précise qu'elle aurait remplacé une poterne (2). S'agirait-il de la poterne Saint-Benoît dont parle Augusta Hure (5) ?

SENS- Porte Saint-Hilaire

Sur la carte, la porte est construite contre une tour. Son chemin de ronde ainsi que ceux de la muraille et de la tour ont disparu faute d'entretien.

 

La porte Formau

Elle fermait le decumanus maximus à l'est. Abattue avant 1804, c'était l'une des plus anciennes porte de la ville. Personne ne semble d'accord sur l'origine du nom. Les uns tendrait vers l'origine latine de formo ou formarer qui signifie former, mais je ne suis pas convaincu. Je me raprocherais plutôt  de la deuxième explication selon laquelle le nom serait une déformation de porta formosa que l'on peut traduire par belle porte.

 

Portes non identifiées   

On remarque un bel arc romain au dessus de la porte. Victor Petit (2) parle également d'une porte de ce genre, avec quelques petites différences dans le dessin, et sans lui donner de nom. Elle se situerait, d'après lui, non loin de la porte Saint-Hilaire. S'il s'agit de la même, elle aurait été démolie en 1845.

 

Au pied, des stèles cassées et un morceau de mur laissent supposer que cette porte, autrefois murée, était en cours de démolition. A l'intérieur, une colonne debout et un fut renversé font penser qu'il pouvait y avoir à cet endroit un monument ancien.

   SENS - Une ancienne porte dans la muraille romaine

 

Comme pour la précédente porte, un arc surmonte la porte murée. Il s'agit en faite d'un double arc à bandeaux, comme on peut également le constater dans les thermes Sainte-Barbe de Trèves. C'est un renfort voulu par l'architecte. Son entourage et le reste du mur sont très dégradés et mal réparés. L'opus mixtum d'origine a disparu en plusieurs endroits. La végétation s'est emparée du haut de la muraille, ce qui prouve le manque d'entretien.

 

SENS - Ancienne porte de la muraille romaine 

Deux hommes s’entretiennent peut-être de l'état de la porte. Seraient-ils de la Société Archéologique de Sens !!! 

 

Autre reste de la muraille 

Un reste des remparts boulevard du théatre aujourd'hui boulevard de Garibaldi.

SENS et un reste des remparts

 

La destruction de la muraille

 

Au lendemain de Révolution française, les municipalité successives n'ont pas souhaité conserver de traces du passé gallo-romain de la citée. Malgré les incessantes réclamations de nos plus éminents spécialistes, et la création d'un Comité de sauvegarde, ce patrimoine exceptionnel a fait l'objet d'une destruction systématique. Étienne Dodet, spécialiste du XIXe siècle, donne des précisions intéressantes sur cette perte considérable (7).

 

Sources

 

(1) Didier PERRUGOT, "L’Yonne et son passé", Expo Archéo 89, page 143

(2) Victor PETIT, "La ville de Sens", éditions du Bastion, 1994

(3) Jean-Pierre ADAM, "Le petit appareil dans l’architecture romaine", Dossiers de l’archéologie, n°25, novembre-décembre 1977

(4) Bulletin de la Société Archéologique de Sens, tome 27, 1912-1913

(5) Augusta HURE, "Le Sénonais Gallo-Romain", éditions Culture et Civilisation à Bruxelles, 1978

(6) Théodore TARBE, "Recherches Historiques et Anecdotiques sur la Ville de Sens, sur son Antiquité et ses Monuments", édition Tarbé, 1838

(7) Étienne DODET, "Sens au XIXe siècle", tome 1, page 33, édité par la Société Archéologique de Sens, 2000

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:17

A 10 km au sud d’Auxerre, sur la rive gauche de l’Yonne, le village d’Escolives est longé par la via Agrippa (a) dont une partie a été mise au jour lors des travaux de la RN 6. Cet axe majeur reliait Rome à Boulogne-sur-Mer. Il traversait notre département en desservant Avallon, Auxerre et Sens. Escolives, légèrement en retrait de cette voie, a sûrement profité de cette aubaine pour s’assurer une certaine prospérité.

 

Aucun nom du vicus n'a encore été retrouvé pour l’époque gallo-romaine. Il faudra attendre les mérovingiens pour que l'appellation Vicus (b) Scoliva soit attesté. Dans les années 50, l’archéologue et linguiste Paul Lebel y voit une racine celte évoquant une source, peut-être divinisée.

(a)   via Agrippa : désigne le réseau routier mis en place par Marcus Vipsanius Agrippa (63-12 avant J-C), général, homme politique et beau frère d’Octave futur empereur Auguste.

(b)  vicus : la traduction du mot latin est fonction du sens de la phrase. Ici nous retiendrons une petite agglomération agricole constituée de villas (villae). 

 

La construction de l’ensemble s’étale du 1er au Ve siècle avec une destruction, une reconstruction et plusieurs modifications. Les archéologues ont mis au jour des vestiges tout à fait splendides datant de la Pax Romana.

 

La région était déjà réputée pour ses vins. Le cépage appelé  « plant de César » recouvrait les coteaux des environs. L’un des blocs de frises retrouvé par Raymond Kapps illustre cette activité avec des vendangeurs ailés. L’un d’eux dépose les grappes dans un panier en osier.


Vendangeur ailé déposant son raisin dans un panier d'osie

Photo de l'auteur - Site et dépôt de fouille, commune d'Escolives-Sainte-Camille

 

Cet ensemble unique, sculpté des deux côtés, s’incérait dans le portique d’un monument religieux daté des deux premiers siècles. En complément, les archéologues ont mis au jour deux piliers sculptés représentant le panthéon d’Escolives : Junon, Mars, Hercule et Mercure pour l’un, Vénus, Hercule, Fortuna et Vulcain pour l’autre. Des représentations de divinités celtes dont Rosmerta (b) viennent clorent cette galerie divine.

(a) Fortuna : C'est la divinité du hasard et de la chance. Elle était très appréciée de Jules César. 

(b) Rosmerta : déesse de l'abondance et de la fertilité qui peut être associée à Mercure  Autre orhtographe existante "Rosemerta' 

 

La villa gallo-romaine d’Escolives couvre environ 5 ha. Elle se compose de 3 parties :  l’ensemble résidentiel, les thermes et la partie agricole. Si la pars urbana (a) a été entièrement fouillée, des photos aériennes ont permis de localiser les bâtiments de la pars rustica (b). Ultérieurement, des fouilles permettront de préciser le type d’activité agricole : céréalière, élevage ou viticole.

(a)  pars urbana : désigne la partie résidentielle de la villa.

(b) pars rustica : désigne la partie consacrée aux bâtiments de l’exploitation agricole, et peut être logements des ouvriers.

 

La villa s’organisait autour d’une cour de quarante mètres sur vingt. Un couloir sur le pourtour desservait les pièces d’habitation richement décorées de peintures murales. Les fragments retrouvés attestent d'une influence Pompéienne.

 

Les thermes publics font parti des édifices courants dans les villes de l’empire romain, mais des thermes privés sont beaucoup moins fréquents, et attestent de la richesse des propriétaires. Il pouvait s’agir de commerçants, de politiciens ou de hauts gradés de la légion.

 

La villa et les thermes étaient alimentés par le ru du Creusot. Les opérations de remplissages, de vidangeages et de nettoyage des différents bassins supposaient un personnel qualifié qui s’occupait également de l’entretien des foyers des hypocaustes placés à l’extérieur des thermes et des pièces d’habitation.

 

Les thermes comprenaient plusieurs salles, froides, tièdes et chaudes. L’ensemble était complété par une salle de sport, de repos et des latrines.

 

L’apodyterium, vestiaire des thermes, se trouve dans le couloir séparant les thermes dits des "grands bains" de ceux des "petits bains". Peut-être une séparation homme femme, c'est un mystère ? 

 

Ici, une salle de détente ou de massage jouxte le bain tiède. La photo montre le détail de l’installation de chauffage par hypocauste avec ses pilettes et bouches de chaleur.

 

Vestiaire et bain tiède

Photo de l'auteur - Site et dépôt de fouille, commune d'Escolives-Sainte-Camille 

 

Le sudatorium était la pièce où l’on venait transpirer, l’équivalent de notre sauna d’aujourd’hui. A Escolives, la pièce n’a pas été découverte. Elle se trouve très probablement sous le ruisseau.


Le caldarium était la baignoire d’eau chaude où chacun pouvait se laver avec l’aide d’un strigile, instrument en forme de racloir que les romains utilisaient lors des bains pour se décrasser.

 

Le tepidarium était la baignoire d’eau tiède. Elle était le dernier stade avant une bagnoire d’eau froide.

 

Le frigidarium, ici au premier plan, était une baignoire semi-circulaire d’eau froide. Puis vient le natatio était la piscine pour la relaxaxion. Elle jouxte ici une salle de sport. On la retrouve dans de nombreux établissements de bain à cette époque.

 

Frigidarium et Natatio

Photo de l'auteur - Site et dépôt de fouille, commune d'Escolives-Sainte-Camille

 

Tout était prévu pour passer de longs moments de détente dans les thermes. Ici les latrines. Elles s’inséraient dans un espace clos dont une banquette à plusieurs trous a disparu. A cette époque, c'était un espace convivial où plusieurs personnes pouvaient venir en même temps sans aucune séparation. C'est une chose difficile à comprendre à notre époque. Les latrines les mieux conservées se trouvent à Éphèse, aujourd'hui en Turquie.

 

Les latrines

Photo de l'auteur - Site et dépôt de fouille, commune d'Escolives-Sainte-Camille

 

A partir de l’époque mérovingienne, la villa et ses thermes vont peu à peu disparaître. Le ru du Creusot sera détourné pour l’alimentation d’un moulin en noyant une partie des ruines. La nécropole mérovingienne ne sera installée dans les ruines des bâtiments gallo-romains qu'à partir de l'extrême fin du VIe siècle, début du VIIe siècle

 

Élément de comparaison

 

La villa gallo-romaine d'Andilly-en-Bassigny en Haute Marne non loin de Langres a de très nombreux points communs avec celle d’Ecolives. La vidéo qui suit en donne un excellent aperçu : http://www.haute-marne.fr/archeologie/index.html

  

 Sources

 

Pascale LAURENT, "Les thermes d'Escolives-Sainte-Camille", Les Dossiers d'Archéologie,  "Les Thermes en Gaule Romaine",  n°323, sept.-oct. 2007

 

Pascale LAURENT, Escolives Sainte-Camille, ICAUNA, l’Archéologie dans l’Yonne, n° 13, 2004, édité par le ConseilGénéral de l’Yonne, Direction des Affaires culturelles

 

Alix BARBET, Pascale LAURENT et Claire LEPERT, Escolives Sainte-Camille : étude d'une décor peint,  Caudine ALLAG, Peinture antique en Bourgogne, Actes du XVIe séminaire de l'Aqssociation Française pour la peinture murale antique, Auxerre 24-25 octobre 1997, 21e supplément édité par la Revue Archéologique de l’Est et du Centre-est, Dijon 2003

 

Jean-Paul DELOR & Pascale LAURENT, "Escolives Sainte-Camille", Carte archéologique de la Gaule : Yonne 89/1 et 89/2, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Ministère de l’Éducation Nationale, Ministère de la Recherche, Ministère de la Culture et de la Communication, Conseil Général de l’Yonne, Maison des Sciences de l’Homme, Paris, 2002, p. 345-354.

 

Raymond KAPPS, Escolives Sainte-Camille gallo-romain, supplément édité par la Revue Archéologique de l’Est et du Centre-est, Dijon 1974 

 

 Certains des ouvrages ci-dessus sont disponibles à la boutique à l’entrée du site.

 

Pour se rendre sur le site

En venant d’Auxerre par la RN6, après « Champs sur Yonne » et « La cour Barrée », « Escolives Sainte-Camille » est signalé sur la droite à quelques centaines de mètres..

 

 

IMGP0854




 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:09

Les fondements de l’amphithéâtre sont toujours là, enfouis sous une zone en grande partie pavillonnaire. L'emplacement est délimité par une partie de la Rue des Francs-Bourgeois, par la Rue des Arènes en arc de cercle, et la Rue de la Caserne. Cet endroit était appelé Clos des Arènes ou Champ des Martyrs ou Champs des Chrétiens.

Sur la photo ci-dessous, l’emplacement se trouve au centre de la photo, en forme de cercle, sous la cour de la caserne.

  Sens - Quartier des arènes - Copie

 

Cliché Gérard CHOUQUET publié avec son autorisation

http://www.archeogeographie.org

 

La première campagne de fouilles entreprise par la Société Archéologique de Sens en 1849 a fourni des informations de première importance (1). Cependant, Il faudra attendre 1961 pour que de nouvelles observations permettent de préciser ses dimensions réelles : 160 mètres x 110 (2), et pour l'arène centrale 71,40 mètres sur 48,20. Ces chiffres le placent en tête des amphithéâtres français devant ceux de Poitiers et de Tours, et en troisième position dans l’empire derrière celui de Capoue (3), le Colisée de Rome étant le plus grand.

 

Sa contenance était de 25 000 à 30 000 personnes environ. Cette estimation résulte d’une extrapolation avec les autres amphithéâtres étudiés ci-dessous. Il n'y avait probablement pas ce nombre d'habitants à Sens à l'époque, mais ces chiffres deviennent très possible si on y ajoute la population des faubourgs, suburbium en latin, et des villages environnants. 

 

L’amphithéâtre de Sens a été édifié dans le courant du 1er siècle après J-C probablement en même temps que le Colisée de Rome. De forme elliptique, son grand axe est orienté nord-sud. Sur l’extrémité nord du grand axe, l’entrée principale de 11 à 12 mètres de largeur (1) se situait dans ou à proximité de l’actuelle rue des arènes. Deux autres portes plus petites ont été identifiées sur les autres côtés dont l’une mesure 1,75 mètres.

 

Pour l’œil averti, la photo ci-dessous, prise à l’endroit de l’entrée principale, montre la déclivité du sol vers l’intérieure de l’amphithéatre.  

 

IMGP1016 

Dans un document de 1645, 2 ou 3 arcades étaient encore debout. Elles devaient être abattues par des vignerons qui n’en connaissaient pas le prix. A cet endroit le podium (a) mesurait 2,70 mètres d’épaisseur. A un autre que précise Lallier (1), il mesurait 4 mètres d‘épaisseur, ce qui est tout à fait considérable, et laisse penser à un édifice très important à plusieurs étages (4).

 

Le produit du démontage a servi à la construction de l'enceinte de la ville. La date exacte de ce démantèlement est inconnue. Pour une bonne approximation, une fourchette de 275 à 300 peut être retenue. Appréciations toutes personnelles, ce chantier de démolition s’est déroulé sur plusieurs mois, à un rythme soutenu car les envahisseurs n’étaient pas loin. Les équipes de démolition et de construction du mur étaient nombreuses et composées de tous les hommes libres, esclaves et prisonniers de la ville et des alentours, et très probablement de la légion en garnison à Agendicum.  

 

(a)     podium : mur destiné à soutenir les gradins et à clore le pourtour de l’arène. La plate-forme ainsi obtenue se trouvait très au-dessus de l’arène et servait de protection du public contre les atteintes des bêtes féroces. Le rebord du podium pouvait être équipé d’une balustrade ou d’un parapet maçonné ou métallique..

 

Les spectacles

 

Son but premier était les combats de gladiateurs, munera en latin, spectacles très appréciés des foules  La construction d'amphithéâtres devait donc se généraliser dans tout l'empire dès le 1er siècle avant J-C. Tout d’abord, seuls les esclaves et les prisonniers étaient entraînés pour les combats. Par la suite des volontaires rémunérés viendront grossir les rangs.


  Frise des gladiateurs

  Frise provenant du Colisée à Rome

 

Cette profession à risque pouvait s’arrêter brutalement car le perdant pouvait y laisser la vie dans la plus part des cas. Certains s’en sortaient et devenaient entraîneurs ou responsables d’une « écurie » de gladiateurs à la solde de très riches familles.

 

Les musées de Sens conservent une stèle funéraire très touchante. Elle concerne Hylas, le chef des gladiateurs :

  Stèle funéraire - DSC03334 - Copie

Photo de l'auteur publiée avec l'autorisation des Musées de Sens

 

« Aux dieux mânes et à la mémoire éternelle d'Hylas. Au dimachère (a) ou à l'essédaire (b).Vainqueur dans sept combats, en temps que premier des gladiateurs. Ermais sa femme a fait élever ce monument à son époux très chéri. … »

(fin IIe, début IIIe siècle après J-C)

 

Les combats de gladiateurs seront interdits sous Constantin 1er (272-306-337), mais la profession disparaîtra complètement sous Honorius (384-395-423).

 

Aujourd’hui, dans le sud de la France, certains amphithéâtres ont été aménagés pour des corridas et autres spectacles musicaux et théâtraux. Quelques 16 siècles après leur interdiction les combats de gladiateurs réapparaissent, notamment dans les arènes de Nîmes, avec bien entendu des règles différentes !  Le spectacle est exceptionnel.

 

La chasse aux fauves ou venationes (c), les exhibitions d’athlètes, et les exécutions publiques bien souvent de martyrs chrétiens, formaient l’essentiel des autres spectacles réclamés par la foule.

 La chasse aux fauves

  Mosaïque la chasse aux fauves venant du Colisée

 

Un orchestre composé de sonneurs de cornu, de joueurs de trompettes et tubas, d'un orgue hydraulique (5) et de percutions diverses accompagnait chaque spectacle (6).

 

(a)  dimachère : gladiateur qui combattait les deux mains armées

(b)  essédaire : gladiateur qui combattait sur un char à deux roues

(c)  venationes : chasse de fauves et autres animaux sauvages à poil, d'où le terme « venaison »

 

Eléments de comparaison

 

Rome, le Colisée 

Souhaitant doter Rome du plus grand et plus bel amphithéâtre du monde romain, Vespasien (9-69-79) ordonna le début des travaux en 71 ou 72 après J-C. L'édifice sera terminé par son fils Titus (39-79-81) en 80. Son nom d'origine est l'amphithéâtre Flavien, du nom de la famille de l'empereur. Selon Dion Cassius (a), il aurait été financé avec le butin provenant du sac de Jérusalem en 70.  

 

Amphithéâtre de forme elliptique, ses dimensions extérieures sont impressionnantes : 188 mètres de long sur 156, et l'arène centrale 86 mètres sur 54. Il pouvait contenir jusqu'à 60 000 personnes (7) environ après les travaux d'agrandissement ordonnés par Titus. Les 80 arcades du rez-de-chaussée donnaient accès chacune à un escalier conduisant à la cavea.(b), aux maeniana (c) et travées (d).

 

Le mur extérieur de l’édifice présente 4 niveaux. Les trois premiers sont ornés par des colonnes des différents ordres, dorico-toscan, ionique et corinthien, le quatrième est un mur percé de fenêtres et surmonté de consoles maçonnées nécessaires à la fixation des mats du vélum. C’est une toile épaisse tendue au-dessus de l'édifice selon les caprices de la météo ou l'intensité des rayons solaires. Il était manœuvré par une équipe de marins, car cette profession rompue au maniement des voiles, était la seule à pouvoir établir le vélum en un temps record !

 

  01 - ROME - Le COLISEE ou amphithéatre flavien

 

Lors de son inauguration en 80, Dion Cassius rapporte que Titus avait réservé aux romains des spectacles qui durèrent pendant 100 jours, au cours desquels 9 000 animaux tant domestiques que sauvages furent sacrifiés.

 

(a)  Dion Cassius, ca (155-235) est un haut fonctionnaire talentueux du régime. Il rédige une Histoire Romaine en 80 volumes retraçant 973 ans de l'organisation politique et sociale de Rome et la vie de plusieurs régions et colonies de l'Empire. Il faut rester prudent quand il narre des évènements qui se sont passés plus d'un siècle auparavant. Les écrivains de l'époque sont nombreux, mais très peu sont ceux qui parlent du Colisée et de son histoire.

(b)  cavea : partie d’un théâtre ou d’un amphithéâtre où se trouvent les gradins

(c)  maeniana : ensembles de rangées concentriques de gradins.

(d)  travées : divisions des « maeniana » délimitées par des escaliers menant à des portes ou « vomitoria » à partir desquelles les spectateurs étaient dirigés vers des couloirs de circulation.

 

Capoue  

Dans la liste des plus grands amphithéâtres de l’empire romain, celui de Capoue vient juste après le Colisée. Sa construction remonte au 1er après J-C pendant la période Augustéenne. Si ses dimensions extérieures sont parfaitement connues : 167 mètres sur 137, celles de l’arène centrale, 76 mètres sur 51, sont approximatives et résultent d’une extrapolation. Sa contenance serait d’environ 40 000 spectateurs. C’est dans ces arènes qu’exerça le célèbre Spartacus (3).

 Amphithéâtre de Capoue 2

Photo Wikipédia

 

Poitiers

Comme à Sens l’emplacement exact de l’amphithéâtre est parfaitement connu. Ses dimensions sont très proches : 156 mètres sur 131, et pour l’arène centrale, 69 mètres sur 50. Ces dernières mesures sont issues de l’extrapolation et demandent beaucoup de prudence.

 

Pour plus d’informations, il y a plusieurs sites à consulter sur la web, mais. je recommande plus particulièrement celui-ci  : http://vieuxpoitiers.free.fr/htm/Amphi2.htm

 

Origine des amphithéâtres

 

La réponse est donnée par Jean-Claude Golvin, Directeur de Recherches au C.N.R.S. dans un remarquable article (8). Contrairement aux théâtres dont parle longuement Vitruve, aucun document ne donne d’indication sur l’architecture des amphithéâtres, hormis les quelques précisions données par Pline l’Ancien concernant le double théâtre de Curion (a) construit en 52 avant J-C. Ce nouvel édifice en bois consistait en deux théâtres accolés délimitant une arène centrale. L’autre précision est donnée par Héron d’Alexandrie (b) concernant le calcul du périmètre de l’amphithéâtre.

 

(a)   Caius Scribonius Curion (ca 90-49 av. J.-C.) est un personnage politique de la fin de la République romaine. Il se rallie à César qui lui confie des commandements dans la légion.

(b)   Héron d'Alexandrie ou Héron l'Ancien est ingénieur et mathématicien grec du Ier siècle après J.-C. On lui doit des inventions en mécanique et en optique. Il laisse également quelques formules de mathématique.

 

Sources

  1. LALLIER, « Note sur les fouilles exécutées en 1849 dans l'emplacement de l'amphithéâtre gallo-romain de Sens », tome 2, 1851, [en ligne sur http://gallica.bnf.fr]
  2. Didier PERRUGOT, « L’Yonne et son passé », Expo Archéo 89, page 143
  3. Encyclopédie Wikipédia, « L’Amphithéâtre de Capoue »
  4. Joseph PERRIN, Procès verbal de la séance du 7 février 1910, au cours de laquelle lecture est faite d’un extrait d’un cahier de 1702 sur les origines de Sens, Bulletin de la Société Archéologique de Sens, tome 26, 1911
  5. VITRUVE, « De l’architecture », tome 2, livre X, § VIII  [en ligne sur le site de Remacle]
  6. François GILBERT et Jean-Claude GOLVIN, « Un jour à l'amphithéâtre - Les jeux du cirque »,  L'Archéologue, revue d'archéologie, n°112, février-mars 2011
  7. Jean-Claude MORETTI, Institut de Recherche sur l’Architecture Antique (IRAA) du CNRS Lyon, « Les théâtres et amphithéâtres antiques » 1999
  8. Jean-Claude GOLVIN, « L’amphithéâtre romain - Les amphithéâtres de la Gaule », Dossier Histoire et Archéologie, n°116 de mai 1987,  

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 10:00

Limite de l'étude

Cette étude couvre Sens et le Senonais de l'origine des Sénons et de la sénonie jusqu'à la fin du Moyen Âge


Communication

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Références bibliographiques

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Copyright

Je suis l'auteur de tous les textes et de presque toutes les photos. Pour les clichés dont je ne suis pas l'auteur, ils seront publiés avec l'accord des auteurs dont les noms seront mentionnés sous les photos, sauf pour Wikipédia qui met à la disposition de tous une collection de clichés.

 

Adresses utiles

Société Archéologique de Sens

adresse internet : societe.archeologique.sens@orange.fr

Site : www.archeo-sens.org

 

CEREP (Centre de recherches sur le patrimoine)

Avant de se rendre à la bibliothèque, il est préférable de téléphoner au 03 86 83 88 94  pour connaitre les jours et heures d'ouverture.

 

Adresse commune : 5 rue Rigault - 89100 SENS


Remerciements

Merci à tous ceux qui m'ont permis de concrétiser cette étude :

  • la SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DE SENS
  • le CEREP-MUSEES DE SENS (Centre de Recherche et d'Etude du Patrimoine)
  • Pascale LAURENT, Archéologue régisseur du site d'Escolives et Présidente de la SOCIETE ARCHEOLOGIQUE D'ESCOLIVES
  • La Municipalité d'ESCOLIVES SAINTE-CAMILLE
  • Alain GOUYON, Président de l'Association SEGETA
  • La Municipalité de SAINT-PERE
  • José PINEDA, Médiateur du Patrimoine, Association archéologique "La Riobé" à CHATEAUBLEAU.

 

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Présentation

  • : Sens et le Sénonais antique et médiéval
  • Sens et le Sénonais antique et médiéval
  • : Histoire et Archéologie antique et médiévale d'un territoire immense constitué par les départements de l'Yonne, de la Seine-et-Marne, et d'une partie du Loiret et de l'Aube. Sa capitale s'est appelée successivement Agedincum, Senones, puis SENS.
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